Bonjour,

Il y a quelques temps, j’ai engagé une conversation avec le community manager d’une entreprise, qui m’a répondu en me tutoyant…   j’ai été très surprise. Je me suis rappelée de mes parents, qui m’ont appris la politesse et le respect dû aux anciens… et aux inconnus. « Alors quoi jeune homme : on s’connait ? Et le respect dû aux aînés ? » .

J’ai indiqué que cela me gênait, que je trouvais ça déstabilisant, ce à quoi il m’a répondu que ça se faisait de plus en plus. Ma remarque avait l’air de le surprendre. Je me suis sentie déconnectée de ce monde. Alors aujourd’hui, on tutoie les inconnus et les aînés… Ne sont-ce pas les bébés qui font ça ? Un adulte se comporte comme un adulte et il vouvoie. Systématiquement. Sauf en soirée.

Je constate que le tutoiement se répand de plus en plus. Pourquoi ça me gêne ? Serais je devenue une vieille à l’insu de mon plein gré ? 

Alphabet versus calendrier

Il semble que cela soit une mode venue des blogueurs et autres.

Et que cela soit très répandu chez les millenials. 

Les millenials … qui sont-ils ? Ce sont ces jeunes adultes à peine trentenaires qui osent tout, y compris casser les codes que l’on pensait immuables.

Je suis une X. Non, je n’ai pas fait Polytechnique. Et peut-être que c’est ça le problème. Non pas que je n’ai pas fait Polytechnique, mais que je sois née en France après le baby-boom.

Comme la plupart des X, j’ai dansé le pogo, le ska et la New-wave (et je continue lol). Avec Mitterrand, Jean-Paul Goude, Jean-Paul Gauthier … je pensais que tout était possible et que être soi (avec les bons diplômes) était suffisant.

Et puis vint le temps de chercher du travail.

De par mon éducation, j’ai été habituée à travailler dur pour avoir ce que je voulais. J’ai grandi avec la conviction que toute satisfaction était le résultat d’un effort. Que cet effort devait être long et pénible. Ça vous parle, les X ? Que de déception …

La crise arrivait, le chômage se répandait, les discriminations aussi. Et nous n’étions pas du tout préparés à « chercher » du travail. Ni même à admettre que les critères d’évaluation au travail était fluctuant.

Les millenials, eux, ont tout compris. Enfin, je crois. Eux, osent là où nous tergiversons. Moi, j’ai vingt ans d’expérience professionnelle et j’ai (parfois) le syndrome de l’imposteur. Eux se posent moins de question. Les pauvres n’ont pas eu le choix.

Certains de mes clients m’ont dit qu’ils se sentaient déconsidérés par ces comportements. Ils les vivent comme un manque de respect à sanctionner ou corriger. (Je les invite à voir ma vidéo sur les Quatre Accord Tolteques). D’autres me disent qu’ils ont du mal à recruter parce qu’à l’entretien « ça ne passe pas »

Que faire ? Si cela ne concerne pas la majorité, un fossé commence à se creuser.

On vit, les uns avec les autres…. (Starmania)

Je me rends compte que la fréquentation des X m’oblige à de grosses remises en question. Comment trouver ma place ? Comment rester légitime ? Et surtout comment coopérer avec eux ?…

Stop.

Pourquoi se remettre en question. Pourquoi toutes ces questions ?

Il m’est arrivé de me sentir complexée par rapport à eux. En effet, ils créent des entreprises à l’âge où je rentrais dans la vie active. A cet époque, il ne me paraissait absolument pas pensable de créer mon entreprise. 15 ans plus tard, je l’ai pourtant fait. 15 ans ce n’est pas si long pour changer d’avis. Il n’y a pas d’âge idéal pour créer son entreprise. Inspirez, expirez, foncez… Et faites vous accompagner par les Boutiques de Gestion.

Ils sont créatifs là où j’ai du mal à innover. Et pourtant, même si mes interventions ne révolutionnent pas le monde du conseil et de la formation, j’ai ma touche « personnelle » qui fait que l’on me recommande régulièrement. J’ai enrichi ma pratique, j’ai écouté et observé mes confrères. J’ai écouté mes clients.

Écoutez-vous : qu’est-ce qui vous motive dans votre métier ?

Bien sûr, certains d’entre eux, sont, je dirais, insupportables de fatuité ou d’individualisme. Mais ils ne sont pas la majorité. Prenez du recul et faites le tri.

En fait, les milleniums ne sont pas si différents de nous. 

Il y a quelques années, j’ai animé des formations sur les discriminations au travail. Ce que j’ai retenu des échanges, de mes lectures, etc… c’est que la diversité des expériences, des histoires humaines, est une opportunité d’innover dans l’entreprise.

C’est pourquoi, je trouve que c’est une richesse pour moi que de travailler avec des gens plus jeunes. Depuis que j’observe cette génération, je me surprends à oser dépasser ma zone de confort. Je me pose de moins en moins la question de ma légitimité. Mieux, je la revendique car je suis unique. J’ose être moi-même en toute circonstance.

Je vous invite donc à voir cet autre, ce millenium, comme l’opportunité de voir votre métier

 de façon différente, d’innover. C’est l’opportunité de sortir du ronron, de se réinventer.

Observez, analysez et choisissez. 

Qu’en pensez-vous ? Ouvrez le débat ! Vous reconnaissez-vous dans cet article ? aimez-vous travailler avec des plus jeunes ou des plus âgés ?

Pour compléter, je vous invite à lire l’article de Géraldine DUPRE de la Fabrique Spinoza, sur Linkedin Les Z osent et nous inspirent très inspirant également 🙂

A bientôt